Bull coopère avec des PME autour du calcul intensif
HPC
Bull coopère avec des PME autour du calcul intensif
Edition du 29/06/2011 – par MG
Le club NumInnov créé par Bull rassemble déjà vingt-cinq PME innovantes.

Dans le cadre du projet NumInnov destiné à mettre en place une plateforme de cloud pour le calcul haute performance, Bull vient de fonder un club baptisé du même nom. L'objectif de cette initiative est de développer des usages innovants dans le calcul intensif et de constituer un écosystème associé. Plusieurs secteurs d'applications sont visés : la médecine, les médias, la sécurité/défense et les collectivités.
Les vingt-cinq PME innovantes qui ont déjà rejoint ce club vont pouvoir engager une coopération technologique avec Bull et utiliser des infrastructures du campus de Teratec (à Bruyère-le-Chatel). A terme, il est projeté de construire des places de marchés structurant les nouveaux usages des applications à haute performance.
Bull n'a pas éclaté. Le leader européen du calcul haute performance (HPC) vient de publier ses résultats annuels. Bull a réalisé un chiffre d'affaires (CA) de 1,1328 milliards d'euros (+1,4% sur un an) et en a tiré un bénéfice net de 5,6 millions d'euros (+21,7%). Le groupe emploi désormais 7978 personnes dans le monde.
Principale source de revenus pour la société, les « Services & Solutions » représentent désormais 43,6% du CA (+14,7%), tandis les « Hardware & Systems » en représentent près de 30%. Des résultats qui s'expliqueraient en partie par la montée en puissance du calcul haute performance, un élément de compétitivité important pour la modélisation de systèmes complexes (aéronautique, énergie, climatologie, sciences de la vie, finance, traitement de l'information, développement durable et économies d'énergie). Une bonne santé qui compense le recule des activités de maintenance (-6,8%), qui ne représentent plus que 17,5% du CA, notamment en raison de l'arrêt d'un certain nombre de systèmes propriétaires. La trésorerie nette de Bull s'établit désormais à 302 millions d'euros (fin 2008), comparés aux 192,5 millions d'euros de 2007, notamment en raison de plusieurs cessions de créances.
« (…)nous poursuivons le recentrage systématique de notre portefeuille d'activités », explique Didier Lamouche, le PDG, qui cite en exemple la cession des activités Medicaid aux États-Unis et l'achat de la société science + computing, « l'un des leaders allemands du calcul scientifique. (…) Grâce à ce repositionnement fort, notre portefeuille d'activités se consolide sur nos principaux moteurs de croissance que sont le HPC, le stockage sécurisé et les activités de Services », poursuit-il.
Bull a réalisé plus de 50% de son CA en France, cette année. Genci a, par exemple, passé commande pour un des plus puissants supercalculateurs hybrides d'Europe et la Direction des Applications militaires du CEA a signé pour la réalisation de Tera 100, le premier supercalculateur pétaflopique conçu en Europe, destiné au Programme de simulation nucléaire français. Reste que le supercalcul est encore très énergivore. Bull qui s'est engagé pour une informatique verte, s'est donc allié à l'initiative « Climate Savers Computing », une organisation mondiale à but non lucratif, dont le principal objectif est de réduire de moitié la consommation des systèmes informatiques à l'horizon 2010.
Pour cela, le groupe devra faire un effort sur ses dépenses en recherche et développement. En effet, en 2008, elles n'ont représenté que 2,3% du CA à 23 millions d'euros contre 3,7% en 2007. Une baisse qui s'expliquerait à nouveau par « la réduction de l'effort consacré aux technologies propriétaires dont les ventes baissent ». Bull se consacrerait désormais en priorité aux serveurs HPC, à l'Open Source, au stockage et à la sécurité.
Concernant l'avenir, la firme reste prudente, comme le concède Didier Lamouche: « le contexte extrêmement incertain nous conduit à la prudence dans la formulation de nos objectifs et à une extrême vigilance dans notre gestion. Nous poursuivrons en 2009 les réductions de coûts adéquates et accélérerons notre travail de transformation autour de nos axes stratégiques avec une focalisation toute particulière sur la poursuite de l'amélioration de nos marges "Services" et la génération de cash ».



